01 Mai 2017
Janin Diagou

Tchonté Silué, un modèle d’entrepreneure sociale

“Passionnée de lecture, d’écriture, de voyages, de l’Afrique, d’éducation, de développement personnel, de crèmes glacées… Et bien plus. Je suis une rêveuse active et mon but avec ce blog est de partager toutes les choses qui m’intéressent”. Ce sont les premiers mots que l’on retrouve sur le  blog de Tchonté Silué.

Tchonté Silué est une blogueuse ivoirienne, âgée de 23 ans, avec un parcours d’entrepreneure sociale impressionnant. En effet, passionnée d’art notamment de littérature, Tchonté Silué a ouvert le centre Eulis, une bibliothèque située dans la commune de Yopougon. À travers cette bibliothèque, la jeune Tchonté désire apporter sa pierre à l’édifice de la formation (éducation) des jeunes de sa communauté en partageant sa passion pour la lecture.

La particularité de son projet, c’est que celui-ci est né d’un auto-financement et d’un constat selon lequel, les nouvelles générations ne lisent pas assez. 

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Salut Tchonté Silué, quelles sont les motivations qui ont donné naissance à ce centre littéraire ?
Avant tout propos, je désire vous remercier pour cette lucarne que vous m’offrez BJKD pour parler du Centre Eulis que je viens de créer. Le Centre Eulis est né d’un désir de partager ma passion pour la lecture, de commencer mon aventure dans l’entrepreneuriat social et de contribuer à l’éducation de la jeunesse ivoirienne.

En lisant « Rich Dad, poor dad (Père riche, Père pauvre) » de Robert Kiyosaki, j’ai découvert que sa première aventure entrepreneuriale alors qu’il était encore gamin a été l’ouverture d’une sorte de bibliothèque de BD pour ses amis du quartier.

Je me suis dit que je pourrais faire la même chose étant déjà passionnée par la lecture. C’est une idée qui m’est restée en tête pendant quelques mois et quand j’ai commencé à avoir un salaire l’idée s’est matérialisée.

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Pourquoi n’avez-vous pas eu peur de vous lancer dans l’entrepreneuriat social?

Je pense que c’est surtout parce qu’il me tardait de faire quelque chose pour ma communauté. Pendant mes études, j’étais pressée de rentrer au pays pour poser des actions au-delà des belles paroles que l’on peut dire pour critiquer ce qui ne va pas.

Alors oui, j’ai eu des doutes, mais ma motivation était bien plus grande. Je ne voyais pas la pire chose qui pouvait arriver si jamais j’échouais ; d’ailleurs, le pire serait arrivé si je n’avais pas essayé. Avec tous les discours du Tedx que j’ai regardés et les exemples au quotidien de personnes qui ont pu réaliser leurs rêves, j’avais juste en tête d’essayer à mon tour.

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Pourquoi n’avez-vous pas attendu que l’Etat le fasse ?
Parce que si je peux le faire, pourquoi attendre d’une autre entité alors que ça pourrait ne jamais être réalisé? Le chantier en terme d’éducation et de culture est immense, l’Etat ne peut pas tout faire et ne veut peut-être pas tout faire.

Alors si je peux, je le fais. Je n’ai pas envie de me complaire dans l’idée que l’Etat est responsable de tout ce qui ne va pas alors que moi-même je suis inactive.

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Comment est-ce que vous  vous êtes senti lorsque vous avez utilisé vos propres économies pour entreprendre ?
Heureuse, le sentiment d’indépendance est juste génial ! Je n’oublie quand même pas que j’ai eu de l’aide. Des apports de livres, des offres d’abonnements gratuits aux enfants, et une aide parentale au niveau du local.

Quel message voudrais-tu adresser aux porteurs de projets ?
Pour changer le monde ou essayer de l’améliorer, on n’a pas besoin de commencer avec des millions. Comme me disait un ami de classe, quand on n’a pas de ressources, il faut être ingénieux avec le peu que l’on possède. Le plus important est de commencer.

 

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